L’écrasement administré des petits rameurs

Publié le par HL

Quand un corps n'a plus de graisse, il attaque les muscles et s'affaiblit. A trop s'affaiblir, il finit par dépérir perdre sa mobilité. Dans une société cela ne s'appellerait-il pas aussi tout simplement un manque de dynamisme ?

De la même manière que le transport est à quelques exceptions près une profession atomisée et pressée par des mastodontes de la distribution, de la même manière que les fournisseurs éparpillés de rang deux encaissent les réductions de coûts des constructeurs automobile via les fournisseurs de rang 1, le transfert massif des contrats de travail en contrats de prestations de services, les licenciements massifs de cadres, ont vu émerger de grands distributeurs de services pour grandes entreprises dans des prestations standardisées. Ces grands donneurs d'ordres allouent aux compte-gouttes des prestations généralement d'audit ou de formation à des milliers de consultants sous traitants, ex salariés licenciés, heureux de survivre après le chômage.

Sous la pression concurrentielle entre ces organismes et la pression de réduction de coûts des clients finaux d'industries comme de services, le cumul des formes variées de baisses de tarifs (relatives et absolues : non-hausses sur une voire plusieurs décennies, dégradation des conditions d'hébergement et de transport, réduction des temps alloués sans rapport avec le travail effectif….) sont finalement supportées par la réduction de niveau de vie de ces consultants sous traitants survivants.

C'est ainsi toute une population nouvelle de travailleurs prolétaires intellectuels qui se trouve bel et bien, dusse les ego et les convictions politiques en souffrir, tout à la fois précarisée, isolée, hors statistique, surchargée et peu suivie médicalement au titre du travail. La seule compensation pour ces individus est une certaine indépendance, une latitude décisionnelle relative et pour une minorité d'entre eux, un revenu décent ; mais toujours inférieur à leur niveau de responsabilité ou d'études antérieur.

Ne serait-il pas opportun dans ces conditions de fédérer cette frange croissante de travailleurs entrepreneurs intellectuels isolés et de représenter leurs intérêts dans une branche syndicale nouvelle, distincte en particulier des syndicats d'entreprises de salariés intellectuels ?

Ne serait-ce pas en tout cas, plus constructif et plus dynamique de la part des organismes néo-administratifs existants que de se contenter de prélever, tranquillement assis sur le système du passé, des taxes d'apprentissage ?

Publié dans politique

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