LA LUTTE DES TRAVAILLEURS DE TUNISIE EST AUSSI LA NOTRE

Publié le par Hans Lejarec

 

Reprise intégrale du recto d'un tract de Lutte ouvrière – le parti d'Arlette Laguiller, du 18 janvier 2011

 

Le départ du dictateur Ben Ali est d'abord une victoire des travailleurs, des chômeurs, des jeunes, des classes populaires de Tunisie qui se sont mobilisées depuis un mois. Les manifestations n'ont cessé de s'étendre contre une situation sociale désastreuse ite de chômage et de misère pour la majorité de la population, et contre l'attitude d'un régime ne sachant répondre que par la répression.

Le dictateur réputé inamovible, au pouvoir depuis 23 ans, appuyé sur un énorme a pareil policier, bénéficiant du soutien des grandes puissances, et en particulier de la France, a dû s'avouer vaincu. On a vu qu'un mouvement des classes populaires, quand elles se mobilisent et sont décidées à ne plus supporter ce qui est insupportable, peut ainsi faire tout basculer !

Cependant, ce qui se passe depuis le 14 janvier, jour du départ de Ben Ali, montre que tout n'est pas gagné, et de loin. Le gouvernement reste entre les mains d'hommes qui, il y a quelques jours encore, étaient les fidèles serviteurs de Ben Ali.

Pour la satisfaction de leurs aspirations, ils ne peuvent s'en remettre à des hommes qui gouvernaient hier encore avec Ben Ali, même si ceux-ci font des promesses de démocratie. Ils ne peuvent faire confiance qu'à leurs propres forces, à la capacité des travailleurs et de la population à s'organiser et à imposer leurs droits.

Leur lutte doit être aussi la nôtre. Les patrons qui nous exploitent ici en France sont souvent les mêmes qui règnent en Tunisie et qui ont prospéré sous la dictature de Ben Ali. Travailleurs français et tunisiens -mais aussi algériens, marocains, africains ... -, nous sommes frères dans la lutte contre les mêmes exploiteurs. Et le chômage, la misère, qui s'étendent là-bas comme ici, découlent de la même crise du système capitaliste, dont on voudrait faire payer les frais aux classes les plus pauvres.

Nos frères de Tunisie viennent de nous montrer comment on peut faire tomber dictateur. La leçon doit nous servir car nous subissons en commun une autre dictature, plus cachée mais tout aussi inadmissible : celle des riches et des spéculateurs, des grands capitalistes et des banquiers.

Publié dans politique

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