Qui seront les boucs émissaires du dénouement de la crise ?

Publié le par Hans Lejarec

En lisant, pas tout à fait par hasard, deux livres : d'abord celui de Marc Roche intitulé « La Banque » puis celui d'Yvan Stefanovitch intitulé « aux frais de la princesse », J'ai été frappé par la ressemblance de méthodes entre les inspecteurs des finances français allant pantoufler dans les entreprises pour revenir s'abriter dans le corps en cas de coup dur et les associés de Goldman-Sachs trouvant des places de premier plan au côté du président américain. Le point commun n'est pas seulement l'absence de frontière entre état et privé ; c'est-à-dire entre intérêt collectif et intérêt particulier. C'est déjà grave en soi car on voit bien qu'actuellement ce sont les intérêts particuliers qui prennent le pas sur l'intérêt général ; et le résultat c'est toujours le financement par « les rameurs » (Michel Godet : le courage du bon sens  et ses quatre France, celle qui se pâme, celle qui brâme, celle qui rame et celle du drame). Non, ce qui est frappant, c'est l'homogénéité d'appartenance au milieu financier et l'homogénéité d'approche occulte et par influence. En d'autres termes, le caractère sectaire.

Ainsi, à la noblesse privée qui affichait autrefois sa domination, s'est substitué une noblesse d'état, tantôt privée, tantôt publique mais toujours financière, toujours imbue de sa supériorité, et toujours cynique quant aux conséquences de ses caprices et de son idéologie mais surtout toujours occulte, toujours cachée. Si les présidents Sarkozy ou Obama tentaient vraiment d'y mettre bon ordre, nul doute que le parallèle avec la fronde serait pertinent. Les médias quant à eux, au lieu de dénoncer un système organisé, pérenne, dispendieux, inutile injuste, préfèrent vendre du papier avec un ou deux cas de ministres plutôt que de poser le problème de fond.

Alors qu'à priori, il n'y avait aucune raison que les deux livres se rapprochent. Mais ce n'est peut-être pas par hasard qu'en bonne place parmi une liste de pantouflards détachés de l'intérêt général autant que de l'administration (ambassadeurs, préfets, X-Ponts, X-Mines, proviseurs de lycée pour noblesse d'état parisienne, professeurs agrégés des tropiques et fonctionnaires des dom-tom en vacances, architectes des bâtiments de France….) on trouve en accros des intérêts particuliers, entre autres normaliens devenus sénateurs entouré de serviteurs ou questeur au sénat…, les ex sciences-po, ex énarques devenus inspecteurs des finances puis dirigeant de groupes d'assurances ou bancaires et pas seulement celle de France, ou encore, dirigeant d'entreprise cotés au CAC 40.

Toujours le même refrain pour justifier les abus ou la démesure et surtout la trahison à nos frais de l'intérêt général pour l'intérêt personnel et les intérêts particuliers : la crème de la crème de la crème (je ne sais d'ailleurs pas quel goût ça aurait …). L'élite est au mérite donc elle le mérite. On pourrait s'interroger d'ailleurs sur le mérite réel de l'individu né dans une famille de la noblesse d'aujourd'hui lorsqu'il arrive inspecteur des finances. Paul Kammerer n'avait-il pas démontré avec ses salamandres que l'environnement fait beaucoup pour la génétique ? Et le courage (par exemple de s'écarter des modèles anglo-saxons pour défendre les nôtres ; par exemple de ramener le cœur de vitalité en Europe plutôt que de hurler avec les loups anglo américains pour les miettes ?) et la pertinence ? (par exemple de défendre un système social infiniment plus avancé que celui des anglais ou des américains….) Quand on a les capacités intellectuelles sans courage ni autonomie de jugement face à la moraline ambiante, on n'a pas de valeur à mes yeux. Comme l'avait dit Churchill, le courage est une vertu supérieure parce qu'elle permet d'acquérir toutes les autres. Ils n'en ont pas, en tout cas pas pour la collectivité à laquelle ils appartiennent et dont ils tirent leurs profits personnel et d'entreprise, ils ne sont rien !

Pour ma part, je crois, que les véritables héros sont dans la masse de ceux qui, tous les jours, résistent à la tentation des magasins trop chers pour eux. L'admiration de tous est méritée par celles et ceux qui, à chaque instant, gèrent le moindre centime d'un petit budget pour joindre les deux bouts. La gloire revient à ceux qui sacrifient jour après jour leur qualité de vie, sans faillir de se lever le matin après avoir peu dormi pour prendre des transports en commun fatigués, surpeuplés, risqués..en somme pénibles, avant de travailler sans exploiter personne afin de payer l'espoir d'un ascenseur social à leurs enfants. Oui ceux-là, ceux qui ne peuvent pas se permettre la manière, ceux qui n'ont jamais appris les apparences, ceux-là qui ont un cœur chaud et non pas une froide pompe à sang, ceux-là seuls sont la véritable crème de la crème de la crème.

Ceux-ci qui apprennent le harcèlement moral en formation et les techniques psychologiques pour s'imposer vis-à-vis de plus faibles tout en s'échangeant des jetons de présence, des prébendes, des sinécures et des stock-options ne sont que des parasites ; des parasites de l'état, des parasites de la nation, des parasites d'entreprise, des parasites du système. Ils sont tous d'autant plus dangereux qu'ils sont puissants, intelligents, solidaires et même créatifs à mauvais escient comme dans la spéculation sur les bons du trésor, l'énergie ou les denrées alimentaires par Goldman-Sachs et consors.

Toujours la même appréciation caractéristique des comportements personnels : la morgue, le mépris des autres; C'est une chose d'avoir consciences de ses capacités intellectuelles et même un ego solide. C'en est une autre de mépriser les autres et d'avoir un ego surdéveloppé à coup de cynisme dominateur ; surtout lorsqu'on est en position de force où il n'y a aucun mérite.

C'est par la qualité de sa contribution à la collectivité, et uniquement cela que l'on peut se voir attribuer en retour de la considération par la société. Et encore, la star de sport, de chant, de cinéma, de littérature, de radio, de télé a une qualité exceptionnelle pour son art, a souvent beaucoup travaillé, est adulée du public, mais n'a pas toujours une contribution à la société à hauteur de sa contribution. A l'inverse une star de la justice, de la police, de l'éducation, de l'armée, de l'administration bien comprise, de la science, de l'entreprise, du financement et du développement de l'entreprise, de la médecine aura une contribution plus discrète mais plus appréciable dans l'intérêt collectif. En aucun cas ce genre de chose ne s'arroge par soi-même. La bienséance voudrait qu'on n'en montre rien et qu'on laisse les autres s'apercevoir, s'ils en sont capables, de la supériorité pas seulement intellectuelle et virtuelle mais aussi morale et concrète.

S'il est bon, à de hauts niveau de responsabilités, qu'on apprenne l'assurance et la confiance en soi, s'il est utile d'être sérieusement averti des techniques manipulatoires, des formes de harcèlement ou de violence morale comme de flatteries, il n'est en revanche pas acceptable, surtout à ce niveau, que des pratique du style « mais qu'est-ce que c'est que cette mode du suicide » ou « du petit chien sur la chaise » empêchant le contrôlé apeuré de s'asseoir au mépris de la déférence due à l'âge, ou des « stages chaton » pour s'assurer que les futurs dirigeants sauront licencier simplement pour l'augmentation des profit, aient cours. La violence machiste du monde de la finance, sème le malheur dans le monde et c'est par là qu'elle commence. Cette morgue engendre le cynisme nécessaire aux pratiques concurrentielles dérégulée qui sèment la misère et cela vient de ces individus et de l'éducation de cette caste, du fonctionnement de cette secte. Tout cela mérite au minimum la prison et cela beaucoup plus que les vols à l'étalage. Lorsque ces gens instituent des mécanismes idéologiques à but mercantiles et que ces mécanismes poussent les gens massivement au chômage et dans la rue, c'est-à-dire lorsque que leur action s'érige en système cela mérite le rétablissement de la peine de mort : la guillotine, la chaise électrique, un balle ou la corde comme on voudra.

Je me souviens, de ma formation dispensée par « la Royale » au sein de laquelle mon admission avait été chèrement acquise, et où je m'étais trouvé avec des rejetons « de la margelle du puits du fond du jardin » ou de la noblesse financière d'aujourd'hui (Beffa) ou de la noblesse d'état (amirauté -Werken), d'une certaine partie de « ping-pong » (prononcer tennis de table) très anodine. Sans doute était-il inconvenant de jouer avec un roturier mais cela s'était fait. La tentation était grande de donner une leçon à Peut-être le roturier aurait-il la bienséance de respecter sa condition et de laisser le noble gagner comme dans la vie ? Toujours est-il que le roturier aime gagner et qu'en tous cas il ne perd pas pour plaire. Il fallait voir le dépassement de soi pour s'imposer puis la crise, la véritable crise, comme si l'avenir du monde se jouait sur la perte de cette partie pour le noble face au roturier. Ce jour-là j'ai vu la république sous un autre angle mais il m'a fallu attendre 30 ans pour réaliser à quel point cette expérience était révélatrice. La même crise d'enfant gâté que celle de Burin des Roziers quand il avait appris qu'un collègue directeur général était mieux payé que lui…

Quel rapport avec les boucs émissaires de la crise en construction depuis 20 ans me direz-vous ? Ne vous impatientez pas j'y viens :

Depuis, 10 ans, on constate que les conflits avec l'Islam ont pris, sous de multiples formes, un curieux degré de récurrence dans les médias et que les tensions se sont accrues à peu près partout dans les pays occidentaux entre chrétiens et musulmans. La même tension, quoi que beaucoup pus aigue et plus localisée existe entre sionistes et palestiniens. Le monde arabe et le monde asiatique radicalisent leurs islamismes ; mâtinent leurs gouvernements de religion. Outre que dans l'immédiat les conflits ont permis et permettent de vendre quelques armes et favorisent quelques trafics de stupéfiants, ces tensions constituent avant tout une soupape de sécurité. La cocotte-minute du système de pompage des richesses par les dominants actuels monte en pression, les disparités augmentent, l'augmentation des disparités s'accélère. Parallèlement, n'était-ce l'augmentation du niveau de vie des chinois, l'écoulement d'une production de plus en plus pléthorique grâce à la technologie se bloque par l'incapacité des non-travailleurs, mal-travailleurs, travailleurs pauvres à consommer.

En rapprochant ces deux tendances lourdes, il n'est pas difficile de deviner ce qui va se produire sous la houlette idéologique de notre « élite » : une implosion du système qu'il faudra, comme les autres fois canaliser. Le style totalitaire de l'URSS de Staline et de la Chine de Mao pour appliquer le communisme a au moins eu le bon goût d'imploser en douceur avec Gorbatchev et c'est un héros rien que pour avoir évité les catastrophes et même si cela a permis à un capitalisme triomphant de répandre le malheur dans les excès de son triomphe.

Lorsque le système capitaliste concurrentiel dérégulé implosera, ce qui ne saurait tarder maintenant, le terrain sera prêt : l'échappatoire obligatoirement conflictuelle d'un système devenu trop délétère pour durer se fera par un conflit là où les tensions sont les plus fortes ; comme d'habitude. Mais il se fera sous un jour nouveau, où remplaçant le juif de 1940, le musulman moyen sera poussé à se fracassera contre le catholique allié au juif.

Dressés les uns contre les autres, par 10 ans de propagande médiatique répétée et des conditions de vie difficiles, ils détruiront dans le sang et les larmes en se promettant la victoire, réciproquement tout ce qu'ils ont. Puis, traumatisé, les rescapés ayant échappé à l'holocauste nucléaire, s'il y en a, reconstruiront au profit des castes qui auront animé voire dirigé le combat, pendant que la majorité d'entre eux seront prudemment resté grâce à l'argent et aux amis, à l'abri des destructions.

Mais ceux dont il faut se débarrasser, ce ne sont pas les gens différents de nous. Ceux dont il faut se débarrasser ce sont les profiteurs : le général de Gaulle, homme rusé et capable de bassesse pour accéder au pouvoir était aussi un homme intègre soucieux de l'intérêt du pays. Il voulait fermer le sénat parce qu'il ne servait plus à rien et donnait un mauvais exemple de parasitisme dispendieux. C'est toujours ce qu'il faut faire ! Fermer le sénat et toutes les sinécures… ! Rétablir l'égalité républicaine (je veux dire l'équité et l'égalité des chances au départ) et surtout la rémunération du travail réel ; qu'il s'agisse d'effort physique ou de pertinences morale, sociale, environnementale,… stratégiques.

J'ai trouvé un moyen radical pour modifier le dénouement conflictuel planifié par les stde la crise matérielle dans laquelle s'enfonce l'économie depuis 20 ans. Cela consiste à menacer l'aristocratie actuelle, de devenir les boucs émissaires à la place « des arabes » prévus. Placée devant le dilemme de partager les richesses maintenant ou de mourir par la révolution sous peu, on peut espérer qu'elle choisira la partage qu'aurait dû lui dicter son apparente dévotion religieuse.

Le premier coup de semonce consisterait à rétablir un taux d'imposition sur les succession qui impose à chaque héritier de faire son chemin par lui-même et non à travers « papa » (avec tout ce qu'il faut pour s'assurer du maintien de l'organe économique en cause dans un état propre à servir la société et le pays)

Deuxième coup de semonce rétablir l'ascenseur social et supprimer tous les passe-droits : le mérite, uniquement le mérite puis l'intérêt général et uniquement lui. Il faut faire payer les fonctionnaires formés par l'état qui voudraient quitter le service de l'état pour la direction d'une grande entreprise et faire ensuite comme s'ils n'avaient jamais été fonctionnaires.

Troisième mesure : Remplacer toutes les rémunérations assises sur des volumes. Qu'il s'agisse de pièces fabriquées à la chaine, de rénovation des bâtiments de l'Etat, de collecte des impôts, de ventes d'immeubles, de transactions boursières ou de chiffre d'affaire d'entreprise….. Karl Marx dans son opuscule prix, rémunérations et profits, explique très bien comment le temps est à la base de la valeur des choses. Peut-être faut-il aujourd'hui introduire une correction avec la valeur des matériaux en fonction de leur abondance et certainement faut-il tenir compte des conditions psychiques et physiques de travail tout autant que des talents exceptionnels. Mais pour ce qui est du calcul de base de la valeur du travail, la seule variable qui doive fixer le prix c'est la somme intégrale de tous les prix et temps de tous ceux qui ont contribué à donner la compétence condensée dans l'heure de travail de chaque personne. Il suffit ensuite de multiplier par le temps et les proportions de valeur des personnes concourant au résultat.

Quatrième mesure : Cela n'exclut pas la répartition des profits résultant de la rémunération du travail mais il faut le faire avec des règles de proportions entre capitaliste, entrepreneur, force de travail et infrastructures. La priorité sera toujours donnée aux infrastructures car c'est le seul paramètre collectif, le plus utile à chacune des trois autres catégories et le plus longtemps porteur de retombées.

Cinquième mesure : il ne suffit pas de rétablir la justice dans les règles de travail, il faut aussi remettre tout le monde au travail. Pour cela on doublera les prix et on triplera les salaires. Pour éviter les effets de la concurrence on régulera les prix intérieurs et extérieurs sur la base de clauses sociales et environnementales aux frontières  qu'elles soient de l'Europe ou si on ne peut l'obtenir de cette Europe dévoyée au capitalisme dérégulé, de la France ; rétablissant virtuellement l'équité des conditions de production à la source.

Sixième mesure : Comme l'a bien identifié Proudhon, 200 hommes qui se succèdent pour tirer chacun seul sur la corde destinée à ériger l'obélisque de la place de la concorde n'y arriveront jamais. En revanche pour 200 hommes tirant la même corde ensemble ce n'est plus un problème. L'état est en charge ce rôle de coordination entre toutes les entités au même titre que l'entrepreneur joue un rôle de coordination dans son entreprise comme le capitaine d'un navire d'armateur. Il est aussi stratège et coordonnateur des infrastructures communes et par conséquent il doit fonctionner parfaitement. Toutes les techniques d'optimisation du fonctionnement y seront donc appliquées et le management des fonctionnaires ne sera pas sensiblement différent des employés d'une entreprise privée actuelle. Les éventuelles participations aux résultats se feront sur la base des profits dans les pays gérés par l'Etat.

Septième mesure : les entreprises privées commercialisant des infrastructures de service public, en particulier tous les réseaux de transport et d'électricité, le feront au profit de l'état ou sous contrôle de l'état. La concurrence y sera régulée par l'état. Les entreprises de distribution de produits de nécessité comme les denrées alimentaires et les carburants, et les véhicules à bas prix fabriquées à l'étranger seront considérés comme des services publics.

Et si après cela, il reste des personnes qui n'ont pas de travail ou qui n'arrivent pas à faire vivre leurs familles par leur travail ; fût-il sans qualification, alors il faudra ajuster les mesures précédentes pour corriger les injustices et en particulier le temps de travail de tous ; de tous au travail.

Les français dans la rue à propos de l'âge de la retraite demandaient de la justice, l'appartenance des hauts fonctionnaires à la secte de l'argent et les privilèges modernes doivent être abolis, de préférence sans têtes qui tombent mais vite avant que le système ne dérape une bonne fois pour toutes et sacrifie bêtement les vies de la population mondiale. La France comme la Tunisie et peut-être l'Egypte ou le Maghreb peuvent montrer ce chemin au monde et contrer la prophétie auto réalisatrice du transfert du cœur économique des États-Unis à l'Asie. La France et l'Europe débarrassée de l'idéologie capitalistes de ses traités n'ont pas dit leur dernier mot.

Debout la France ! Debout l'Europe !

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