Les élites françaises entre démission, veulerie et trahison

Publié le par Hans Lejarec

Si on relie les pratiques des inspecteurs des finances décrites dans « aux frais de la princesse » par Yvan Stefanovitch, aux décisions prises pour la France depuis Vichy jusqu'à l'Europe d'aujourd'hui, telles qu'expliquées par l'excellent Jean-Pierre Chevènement dans « la France est-elle finie ? » La puissance du sacrifice à l'idéologie devient consternante. C'est le sacrifie de masse organisé sur l'autel des profits par les prêtres parasitiques des dominants assoiffés de profits. Une version soft des camps de concentration qui mène des millions de gens à la survie dans la rue ou au suicide. Ouf, je ne suis pas déporté cette fois. Pourvu que j'aie encore un client, pourvu que je ne perde pas mon travail.

L'actuel président parle beau au peuple tandis qu'il fait des cadeaux aux dominants. Il est difficile de faire la part du velléitaire et la part d'empêchement venant des élites qui l'entourent; difficile de cerner la part du fils d'émigré modeste et la part des capitalistes avec qui il vit et autres financiers avec qui il s'affiche. Sa position à droite garantit qu'il ne va pas guère faire évoluer le curseur vers la gauche. Il faut le remplacer. Mais il a tout de même raison sur un point : la moralisation est nécessaire. Oui, mais pas seulement dans la finance où ce n'est comme le dit JP Chevènement qu'un écran de fumée cynique ou un égarement naïf. De la morale, il va en falloir et vite, car les choses tournent vraiment mal pour le peuple français. Mais c'est dans les élites qu'il va falloir moraliser et surtout leur apprendre le courage, l'authenticité, le charisme. Bref la vraie vie.

Je pense à la lumière du livre de Monsieur Chevènement que ce président aura fait moins de mal que Mitterrand/Delors pour l'instant d'une part et que la conjoncture le dessert d'autre part. La gauche est toujours à l'origine des avancés comme le professe Claude Allègre, l'intellectuellement intègre, dont on comprend mieux le souci de dégraisser le mammouth quand on a lu « Aux frais de la princesse ». Mais encore faut-il que son élite se moralise, se responsabilise et s'ancre réellement à gauche car l'adhésion et même l'ouverture des portes au dogmatisme libéral dans l'Europe, leur faiblesse vis-à-vis de l'Allemagne s'avèrent catastrophiques.

Mais surtout je crois que l'avenir de la France ce n'est pas qu'une question de président sauveur providentiel. C'est d'avantage, avec l'intention d'assoir la domination de leurs maîtres, abrités derrière une idéologie, une question de démission-trahison des élites amorales et étriquées. Depuis Vichy, ces bourgeois ont sacrifié la révolution, nos idéaux de justice, de qualité de vie, de solidarité sociale, de liberté, l'intérêt général du pays et celui de sa population à l'Allemagne, aux financiers et capitalistes multinationaux; le tout ensemble immolé sur l'autel de l'idéologie ultra-libérale.

Cette trahison pour leurs intérêts personnels, leur domination sectaire s'effectue au profit de leurs maîtres : les grands financiers, les Etats-Unis et … à nouveau l'Allemagne réunifiée.

Louis XIV a eu le même problème à résoudre avec cette caste cela lui valut la Fronde. La révolution avait purgé. Mais la caste s'est reformée petit à petit ; autrement. Aujourd'hui on constate qu'elle a récidivé; différemment. Je pense et j'espère que même si aucun président n'a le courage de moraliser et dégraisser, la récidive de la révolution ne tardera pas à lui répliquer.

Les tunisiens ont raison de réclamer une constituante pour leur constitution. Ce qu'il faudrait à la France c'est aussi remettre le peuple au pouvoir par le parlement ; avec un Jaurès, un Clémenceau ou un de Gaulle, un Churchill bref quelqu'un qui ne baisse pas les bras et travaille pour tous pour le pays comme président. Il faudrait remettre l'intérêt général, la solidarité, la probité, la qualité (en lieu et place du volume), les avantages des prix élevés sur les marges et l'investissement, et surtout la rémunération du travail,… à l'honneur.

Après avoir banni et saisi les évadés fiscaux, individuels comme entreprises, supprimé les gabegies que sont le sénat, les départements et quelques ambassades ; après avoir ouvert à la libre concurrence quelques chasses de profiteurs d'état trop bien gardées et nationalisé quelques mastodontes financiers ou techniques, il faudrait, (le courage du bon sens) remettre selon la classification de Michel Godet la France qui se pâme, la France qui brame et la France du drame au travail. Il faut les faire travailler tous avec nous, nous la France qui rame.

Travailler à quoi ? Pas au 35h, pas à la pénalisation des absences à l'école ou des accidents de travail, même pas au bouclier fiscal. Non tout cela n'est que leurre et dilettantisme. Le projet mobilisateur ce pourrait être la qualité d'éducation et de vie pour tous avec la réindustrialisation du pays pour un tissu économique autonome. Un pays ouvert à des échanges libres mais bien régulés par un état fort pour le profit général bien réparti entre capital, entreprise, travail et infrastructures.

Nous formerions une nouvelle Europe sans l'Allemagne qui joue perso, mondial et à l'Est et sans l'Angleterre qui joue les USA. Puisque l'Allemagne réunifiée ne joue pas le jeu de l'Europe et même l'utilise, nous pourrions aussi refondre l'Europe en une fédération très Nord et très Sud tout le long de l'Atlantique ; avec une monnaie au moins commune sinon unique. Pour être puissants dans le monde, nous formerions une fédération (et pas une vague association de méfiants et d'exploiteurs comme actuellement) très solidaire aux niveaux politique, stratégique, monétaire et financier conjugués. Les uns et les autres trouvant s'il le faut à qui parler lorsque nous établirons des liens avec le Magreb, l'Afrique et les pays d'Amérique du sud

Seule ou avec d'autres : Debout la France !

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