Encore un leurre !

Publié le par Hans Lejarec

Tout comme la feinte de corps du footballeur, le leurre des militaires, est comme chacun sait est largué par le vaisseau cible dès qu'il sait qu'un missile le poursuit ; et cela naturellement pour détourner le missile de son but sans changer lui-même beaucoup sa trajectoire.

Ici le leurre c'est l'identité, la laïcité, l'Islam, la religion, le racisme… A l'heure où en vue de la présidentielle notre brave parti socialiste fourbit ses armes sur le thème de la sécurité, cet ancien leurre a fait son temps. En retard d'une guerre les socialistes ? Il semble que oui car le leurre d'aujourd'hui, après avoir tenté l'identité, c'est la laïcité.

Je me souviens d'un chef d'agence qui tenait des réunions mensuelles dans lesquelles la question de la cafetière prenait la moitié du temps…. Mais la technique du leurre, copieusement utilisée comme cafetière par le président Sarkozy pour détourner le mécanisme médiatique des bonnes questions, et par conséquent pour déplacer l'attention du peuple hors des vrais problèmes, a cependant fait long feu. Comme disait Lénine, les faits sont têtus ! La vérité ressort au contact de la triste réalité, hélas trop partagée ; à tel point que même le battage médiatique le plus manipulateur et le plus intense n'y peut plus rien. Chaque tentative de renouvellement par un nouveau leurre, même de plus en plus puissant en devient de plus en plus risqué; mais heureusement, même si flatte les plus basses tentation marche de moins en moins bien. Je dirais qu'il atteint en boomerang de mieux en mieux ses auteurs.

Pour ce nouveau leurre, Il ne faut pas tomber dans le piège qu'avait tendu en son temps le Front-National de Jean-Marie Le Pen aux autres partis : il ne faut accepter de parler de ce sujet que pour dire que cela n'en est pas un car c'est un sujet perdant à coup sûr pour le collectif. Or si nous voulons arrêter la machine à broyer les sociétés triomphante il faut au contraire se rassembler. Se rassembler derrière les valeurs républicaines.

Si, au lieu de recentrer sur les choses importantes, les journalistes ne cherchent que le sensationnel pour vendre alors il faut poursuivre le divorce du peuple d'avec les médias. Si au contraire les journalistes sont les premiers à tout simplement ignorer la question, la renvoyer en disant que ce n'est pas le problème alors l'herbe sera coupée sous les pieds des lanceurs.

Il est bon que les valeurs républicaines de solidarité, de gouvernement par et pour le peuple… soient au centre du débat. Mais le débat ne doit pas s'instaurer entre la droite et l'extrême droite sur des questions pratiques. Il doit s'instaurer sur l'écart entre les valeurs républicaines et la jungle créée par l'idéologie du profit dérégulé. Le débat ne doit pas se faire sur des questions pratiques avec l'hypothèse implicite qu'il n'y a rien à changer aux questions idéologiques. Le débat ne doit pas glisser sur le local alors que les conditions économiques et géostratégiques qui le conditionnent seraient escamotées. Ce sont elles, ces conditions, le rôle de la France, le destin de la France, la reconstruction de son industrie, la remise en marche de l'ascenseur social, l'optimisation de l'éduction pour tous, le paiement du travail, le dynamisme des structures, le partage du travail, l'équité des traitements, l'intégrité des dirigeants qui doivent mobiliser l'attention.

Le choix de ce leurre participe évidemment des tactiques politiciennes pour l'élection présidentielle mais, il participe d'une montée en puissance orchestrée avec cynisme pour mettre en exergue un futur bouc émissaire des méfaits du capitalisme débridé : l'Autre. Hier le bolchevik et le juif, aujourd'hui l'arabe. S'il doit y avoir un bouc émissaire, je propose pour ma part que ce soit le financier, les privilégiés des fonctions publiques ou le capitaliste (à ne pas confondre avec l'entrepreneur et le politique même s'il faut faire le tri dans ces rangs-là)

Mais il y a un troisième élément, un élément tout nouveau qui pousse notre président à presser le mouvement de son leurre. Cet élément c'est les révolutions dans les pays arabes. Il apparaît des peuples qui prennent le pouvoir mais qui ne se tournent pas vers des gouvernements religieux comme les cassandres thuriféraires du capitalisme voudraient nous le faire croire. Ces peuples au contraire tentent de se doter de gouvernements laïcs. Ainsi, l'épouvantail de l'Islamisme sera bientôt parti en fumée. Plus de terroristes, plus de tyrans islamistes, non seulement il n'y aura bientôt plus d'écran mais l'exemple pour les peuples d'occident qu'on peut prendre en main son destin.

L'exemple du réveil. « Si vous voulez que les Hommes s'entendent, faites les construire un projet ensemble » ! Ce qu'il faut faire ce n'est donc pas se diviser sur des questions nauséabondes, même s'il y a beaucoup de problèmes au quotidien. Ce qu'il faut c'est mettre à la tête du pays, dans les valeurs républicaines, des gens courageux et honnêtes qui travaillent pour l'intérêt général; au contraire de servir les fleurons de l'industrie et le parc de consommateurs sur un plateau aux multinationales industrielles et financières et aux puissances étrangères.

Cela doit se faire maintenant, sans attendre les élections parce que la situation de paupérisation du peuple et de déclin du pays l'exige et que chaque mois qui passe nous enfonce un peu plus. Le peuple français ne doit plus laisser des institutions dévoyées et des appareils mener le jeu de son avenir. Il doit en prendre le contrôle et remettre de l'ordre dans les priorités du pays.

Debout la France !

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