La servitude volontaire

Publié le par Hans Lejarec

Alternatives Economiques n'est pas un journal trop aux ordres. Ce n'est pas le Figaro, si généreusement distribué, pour ne pas dire imposé dans tous les lieux de voyage et moyens de transport.

Il y a cependant des réflexions qui me consternent et qui montrent la veulerie des « bien-pensants ». Je comprends que quand on parle politique on veuille la respectabilité. Mais la respectabilité n'est pas nécessairement dans le maintien du statut quo. Elle peut être dans la rupture, dans la rupture idéologique et dans la rupture comportementale que constitue le courage face à la lâcheté.

Dans un article expliquant la montée de Marine Le Pen dans les sondages présidentiels, je lis en fin d'article, après un diagnostic partiel mais acceptable l'argument massue que voici :

"Rappelons tout d'abord que la France ne pourrait se replier sur elle-même sans catastrophe majeure "

Ah oui ? je voudrais bien savoir laquelle ? Où est la démonstration de la catastrophe posée comme un postulat ? La pire des catastrophes c'est de ne rien faire quand on voit le danger. L'inertie de la France puis l'ignominie d'une partie de son gouvernement en sont un bon exemple politique historique mais la loi est vraie de tous temps en tous domaines. C'est en maîtrisant que l'on conduit ; pas en subissant. Pour maîtriser il faut agir en anticipation. Ce peut être douloureux mais cela le sera toujours infiniment moins que de subir le mal inexorable.

Aujourd'hui la dilution dans des ensembles mous conduit à la déresponsabilisation; en particulier celles de nos élites qui préfèreront toujours à de rares héros près, profiter du système et satisfaire leurs intérêts plutôt que d'affronter les problèmes et conduire le peuple dans l'intérêt général. Il me semble au contraire que d'assumer une politique dans notre intérêt serait salutaire et que le repli qui s'en suivrait, s'il avait lieu, ne serait que temporaire ; mais surtout géo stratégiquement exemplaire et salutaire pour la cohésion de la nation et le bien matériel du peuple.

Je lis plus loin lorsqu'il s'agit de résoudre le problème :

"Il faut donc continuer d'agir patiemment, au niveau européen comme au niveau mondial, pour assurer une meilleure régulation du capitalisme"

C'est comme à l'église ! Il faut attendre la mort pour être heureux au paradis ! Fadaise - utopie - veulerie. De ce côté-là je préfère vraiment l'attitude des Islamistes qui eux au moins n'attendent pas le paradis dans l'au-delà pour être heureux sur terre. C'est la quatrième fois que cela se produit depuis l'avènement de l'industrie massificatrice remplaçant l'homme par le robot et l'informatique; c'est la quatrième fois que la baisse tangentielle des profits par l'avancée technologique, couplée à la cupidité et à l'acceptation de la domination nous conduisent à la ruine.

De Keynes l'économiste à Marx l'économiste philosophe, on connaît tous les détails de la faiblesse du système capitaliste dérégulé et la gravité des conséquences. L'heure est grave, ce n'est pas un coupe-faim qu'il faut, ce n'est même plus un régime alimentaire, c'est un changement radical de mode d'alimentation qu'il nous faut. Un changement de paradigmes idéologiques traduits en économique.

La génération d'avant-guerre, ne voulait plus se battre parce que sans doute encore traumatisée à travers les générations par la boucherie de 14-18. Les générations d'après-guerre ont connu les bienfaits des meilleurs systèmes sociaux rêvés par la révolution, définis par la commune et établis par le Front Populaire. Elles ont perdu la conscience de l'importance de lutter dans la plus grande dynamique de croissance jamais vue sur terre après la troisième purge génocidaire du système capitaliste. Mais l'hydre est revenue car ses idées ont survécu grâce à un communisme totalitaire qui a nuit encore plus au futur que nous connaissons qu'à son présent qui n'était déjà pas glorieux.

A l'heure grave des prémices de guerres ou de guerres civiles ou de guerres urbaines ou des trois à la fois qui se mettent en place il faut se battre pendant qu'il en est encore temps. Il faut obtenir très vite la juste rémunération du travail et briser l'idéologie concurrentielle et individualiste aussi délétère que triomphante.

Il faut porter des coups non violents mais politiquement et concrètement forts au système des dominants par couches ou classes successives agissant en bandes organisées et en poupées gigognes.

Vous pouvez être certain de leur intelligence et qu'ils ne lâcheront le terrain idéologique et concret que s'ils y sont contraints et forcés. La méthode lente verra les classes moyennes mortes dans la misère et les faux problèmes de xénophobie, trop heureuse de ne pas être morte parce qu'appartenant à la catégorie bouc-émissaire avant de voir un changement significatif des comportements économiques ravageurs actuels.

Cette approche de patience cache au choix, une bêtise, une lâcheté ou une manipulation. Si ce n'est pas une manipulation cynique par la peur c'est l'attitude lâche du paysan qui se soumet aux pillages de ses élevages, cultures, réserves, femmes par les soudards. De plus en étant soi-même renonçant, hésitant, déstabilisant, on empêche ceux de sa condition de lutter. On les affaiblit. La Boétie explique bien dans le discours de la servitude volontaire comment le tyran (ici le financier dominant et non plus le roi du moyen âge ou le dieu de l'inquisition) s'appuie sur des relais qui servent leurs intérêts propres.

Ce journaliste bien-pensant me fait penser à Pétain, Laval ou Alibert qui ont saboté l'intention de résistance par l'empire du gouvernement de la France en 42 alors que les nazi répondaient à une demande d'armistice des lâches par des bombes sur Bordeaux où il se terrait n'osant quitter les rive de sa terre et n'osant lutter. Les pleutres sont toujours là !

Pire, ils recommencent à semer le trouble aux heures les plus graves ! Je ne prends pas en disant cela le parti du Front National auquel je préfèrerais mille fois un Front Populaire Républicain National, mais je préfère vivre avec courage sur toutes les formes de barricades concrètement actives d'aujourd'hui pour, sinon soumettre les actuels dominants, au moins les empêcher de nuire aux français. Et cela peut passer par un nationalisme républicain aussi ouvert que ferme et résolu. A défaut de mieux ce serait au moins la rupture idéologique et concrète qu'il nous faut.

Français, citoyen, n'écoute pas le journaliste perroquet ou manipulateur qui entretient l'erreur et ton malheur; sois aussi courageux que les peuples arabes d'aujourd'hui sur le modèle de tes ancêtres, ne te couche pas devant les tyrans et leurs suppôts;

Debout la France !

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