Croissance économique par la Qualité et la Qualité de vie par la croissance économique

Publié le par HL

Pour lancer un grand mouvement, il ne faut pas seulement quelques idées mécaniques, mêmes radicales de mise en œuvre. Il faut une profonde conviction partagée. Cela s'appelle aussi une idéologie.

Tous les jours, à des degrés divers, nous vivons les méfaits de l'idéologique actuelle faite de dérégulation, de mise en concurrence généralisée, du droit du plus fort, du toujours « plus » avec toujours « moins », des conquêtes de marché par du volume sans marges, de la vente à toute force, du profit par tous les moyens, de l'individu avant tout, du court-termisme, du jeunisme, du bougisme, de stress permanent, de souffrances psychiques au travail, de travail précaire, de travail mal rémunéré, de vie à crédit, de réductions de frais… tandis que parallèlement la rémunération de capital, non seulement atteint des sommets mais continue à s'accélérer :

« D'après une étude que cite le même article du Wall Street Joumal, la fortune des milliardaires (en dollars) a atteint, fin 2003, 28 800 milliards de dollars, soit davantage que le PNB annuel des Etats-Unis, du Japon, de l'Allemagne, de la France et du Royaume-Uni. Le plein d'essence du bateau de 43 mètres de Don Davis, homme d'affaires texan, coûte plus de 2 000 dollars. II va d'ailleurs le vendre…. Mais pour acheter un autre yacht. Plus grand ! »

LES ETATS-UNIS COMPTENT 2 MILLIONS DE MILLIONNAIRES (en dollars), et 300 000 ménages disposent de plus d'un millions de dollars. Les 288 millions d'Américains non millionnaires in dollars ont d'autres problèmes. Ce n'est pas faux. Au temps de Louis XIV, pour se faire remarquer, l'aristocrate devait acheter des habits plus chamarrés, maintenir davantage de résidences que ses rivaux, et avec un nombre plus impressionnant de cochers et de laquais (des services à \a personne», dirait peut-être M. Camdessus). Dans l'Amérique « républicaine », la taille du yacht a remplacé la circonférence des fontaines.

Entre 1998 et 2000, par exemple, la richesse moyenne des 400 Américains les plus opulents a progressé de 940 millions de dollars par personne.

Henri de Castries, le directeur d'Axa, dont la rémunération de 2003 a dépassé 11 millions d'euros….

Tous les humains ne vivant pas sur l'Olympe de la finance et n'officiant pas dans des temples politiques pour leurs dieux sont bien conscients qu'il faut faire cesser cela même quand on fait taire les mieux informés : Patrick Artus, chef des études à la Caisse des dépôts et consignations - et membre de la commission Camdessus -, s'inquiétait, dans une étude interne, en septembre 2004, de « la baisse de la part des salaires au profit des revenus du capital (...) Plus qu'une question d'équité entre salariés et actionnaires c'est une question capacité [car] la baisse des salaires entraîne aussi la baisse de la consommation….On ne trouve pas trace de ces remarques pertinentes dans le rapport….

Les gens qui vivent de leur travail n'en sont de toute manière plus à douter de la réalité mais le problème c'est que personne ne sait comment faire. « Que faire » disait déjà Lénine ?

A cela je réponds : Bâtissons une idéologie, formons un grand dessein collectif et sortons de nos coquilles pour le mettre en œuvre ensemble;

Ce grand dessein qui manque, entre autres, à une France poussive comme l'Europe pour galvaniser ses énergies. Ce grand dessin ce pourrait être la qualité de vie pour tous et l'idéologie « la croissance par la qualité et la qualité par la croissance».

Il nous faut de la croissance économique et non pas décroissance économique. Car la décroissance économique c'est la décroissance tout court. Nous la vivons assez à travers les préjudices à la qualité de vie du plus grand nombre, à la qualité de la société, à la qualité des services des Etats, à la laïcité, à la science. Bref « la grande régression » si bien décrite par Jacques Généreux.

Mais au lieu de faire cette croissance par le volume avec la Chine des années 2000 remplaçant l'Angleterre de 1800 dans le rôle de « manufacture du monde », on ferait cette croissance par la qualité. L'énergie économique en effet, comme la chaleur, est en effet la combinaison de la grandeur extensive : les biens échangés et de la grandeur intensive : la valeur de l'échange. Pour se chauffer plus, à radiateurs constants, si l'on ne peut augmenter le débit de circulation, il suffit d'augmenter la température. Pour que l'économie chauffe notre société, il suffit donc d'augmenter les prix et l'on peut même imaginer se payer le luxe alors de diminuer les volumes ce qui réjouira les adeptes de l'actuelle acception environnementale du mot décroissance et soulagera d'autant la planète.

Mais si l'on augmente les prix me direz-vous seuls les riches vivront mieux ?

Cette question nous amène au principal problème ; le problème qui depuis les débuts du machinisme il y a trois siècles et demi a bloqué quatre fois la machine économique (et le progrès des peuples) dans les deux dernier au point de provoquer l'avènement du communisme. Je veux parler de la concentration des richesses.

Ce n'est pas moi qui le dit c'est l'économiste anglais insoupçonnable de communisme et pas même socialiste : JM Keynes. Voici une citation extraite d'une conférence du 16 février 1937 à l'English Eugenics Society (La pauvreté dans l'abondance P 271 Ed. Gallimard) : …si la société capitaliste refuse que les revenus soient répartis de façon plus égalitaire et si les forces de la banque et de la finance réussissent à maintenir le taux d'intérêt aux alentours de la valeur moyenne qu'il a connue pendant l'ensemble du XIXe siècle, alors une tendance chronique au sous-emploi des ressources sapera et finira par détruire notre forme de société. Si en revanche, guidés par l'esprit et les lumières du temps, nous modifions progressivement notre attitude à l'égard de l'accumulation du capital, de façon à ce qu'elle s'accorde aux conditions d'une population stationnaire ou décroissante, alors peut-être pourrons-nous gagner sur les deux tableaux : préserver les libertés et l'indépendance du système actuel, tout en éradiquant progressivement ses défauts les plus criants, au fur et à mesure que l'accumulation du capital et le revenu qui lui et associé, seront remis à leur juste place dans la société.

Pour éviter cette concentration des richesses c'est très simple dans le principe : réguler 

Le social est une régulation et les filtres aux frontières en sont une autre; et pour réguler il faut un régulateur ayant autorité sur les actionneurs en fonction de la mesure : l'Etat d'une Nation avec des coordinations entre Etats-régulateurs. La mise en œuvre de ce principe suppose bien des méthodes, des accords…. Mais il faut aussi et surtout pour que les erreurs ne reviennent pas aussi vite que la cupidité et le désir de domination dans la nature humaine. Le régulateur à ce niveau-là c'est l'idéologie. Plus elle est forte mieux les rênes sont tenues : et les financiers, les parasites, les profiteurs de guerre, il faut les tenir !

Le premier changement, ne porterait pas, dérisoire, sur l'âge de la retraite…. Il serait de faire comprendre comment l'équité de la concurrence internationale préservée par les clauses environnementales et sociales priverait les dieux très riches flottant dans l'Olympe de la finance de leur pouvoir de division pour régner, diminuerait peut être un peu leurs profits mais surtout apporterait des marges de manœuvre à tous les autres…. Il serait de faire comprendre comment un changement de point de consigne par doublement des prix accompagné d'un triplement des revenus du travail apporterait à la fois et d'un coup une amélioration de vie individuelle, entrepreneuriale, sociétale, étatique, nationale…

L'idéologie qui sous-tend cette croissance économique c'est la qualité au sens très large; car comme au restaurant le « bien produire » fait monter les prix ; et nous avons besoins de prix élevés pour la croissance économique. De la qualité en tout, qualité partout, de la qualité pour tous ! Une qualité accueillant les mécanismes massifiés de l'économie et reconnaissant des prix différents aux contributions de chacun pour avoir le dynamisme mais les domestiquant dans l'intérêt général pour faire durer le progrès. Le cercle devient alors vertueux. Avec les profits réinvestis dans l'économie réelle (et non pas la spéculation qui serait interdite ou lourdement taxée et obligatoirement sans assurance, en particulier sur les dettes des états) il sera possible de reprendre l'amélioration de la qualité de vie individuelle, de la vie en société, de l'évolution de société, de valeurs (l'Être plus que l'avoir, respect du prochain), de fonctionnement….

Alors, le jour arrivera où les citoyens-consommateurs-travailleurs, ayant évité la traditionnelle guerre mondiale par la sagesse de leurs régulations et la maîtrise de leurs maladies et parasites ; et ayant bâti un système mondial stable, consacreront en paix le plus clair de leur temps à leur éducation, celle de leurs enfant, au soin de leur Être et de leur corps, à la créativité et à la recherche qu'au travail. Travaillant moins de trois heures par jour, car les machines feront le reste, ils auront cessé d'être esclaves. Consacrant tous leurs soins et toute leur attention à la stabilité de leur système et aux découvertes qui pourraient encore améliorer leur civilisation ils vivront, n'éprouvant plus le besoin de prier des dieux, des sinécures au lieu de calvaires.

Croissance économique par la Qualité et Qualité par la Croissance économique pour ce résultat, voilà mon vœu le plus cher à commencer dès 2011.

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